Cheers Darlin’

salvador dali

Casa Salvador Dali- Portlligat- Catalunya

On est progressivement rentré dans cette période sombre et maussade, haïe et détestable qui va s’étendre jusqu’au début d’une nouvelle année  La lumière va peu à peu baisser, les jours raccourcir, le froid tomber et nos forces s’amenuiser jusqu’à se vider entièrement les premiers jours de décembre. On ne peut pas lutter. Pas là.
Comme Honey depuis quelques temps, j’ai d’incessants flashbacks de sa naissance,
de l’hôpital, de l’unité de soins, et si….et si… Je me réveille dix fois par nuit, mon cerveau ne peut s’arrêter. Seule à la maison, j’explose parfois en sanglots jusqu’à ne plus pouvoir reprendre mon souffle, j’ai tellement mal de son absence, de son silence.
Je sais que je ne peux combattre cette douleur lancinante qui semble me crucifier chaque jour alors je m’enfonce, sans même lutter, dans les affres torturées de cette fin d’année que j’ai toujours abhorrée. Les gens vont se réjouir des fêtes qui arrivent et le monde occidental va être contaminé de bons sentiments tandis qu’ils se baffreront de dindes, puddings et chocolats.
Moi aussi j’aurais aimé me baffrer. Noël aurait pu être autrement mais aujourd’hui qu’ai-je à fêter ? De quoi ai-je à me réjouir ?
Il pleut des grossesses et des naissances tout autour de nous mais nous sommes toujours dans un micro climat depuis deux ans et nous sommes plus près de la fin que du début.
Alors s’accrocher à quoi ? L’espoir, le fameux espoir dont je ne sais plus quoi penser au final.
Me fait-il vivre ? Survivre ? Me tue t-il à petits feux ? Est-il plus salvateur que dangereux ?
Ou le contraire ? Je ne sais pas, plus vraiment en tout cas.

Je sais que mon bébé est mort et rien ni personne ne pourra me le ramener. Je ne peux juste pas m’y résoudre à 100%. Mon cerveau ne doit pas être fait pour accepter l’inconcevable comme concept approuvé. Je sais aussi qu’il est là juste derrière, qu’il m’attend de l’autre coté.
Et le temps n’arrange et n’adoucit rien, pas pour moi, au contraire. Mon deuil grandit en même temps que mon fils aurait dû. Chaque jour je réalise un peu plus encore ce que je ne vivrai jamais avec lui, toutes les étapes de sa vie, toutes ses premières fois. Et ça me tue. Un peu plus chaque jour aussi.
Le temps m’a juste permis de pouvoir développer assez d’habilités pour supporter cet insupportable au quotidien. C’est tout et c’est déjà beaucoup plus que je n’aurai imaginé être capable. Alors je suis déjà désolée en avance de ne pas passer de joyeuses fêtes et de ne pas croire une seconde en une bonne année. J’attends finalement que le ciel me tombe sur la tête, une énième fois. Fatalement cette fois aussi. Une toute dernière fois et je serai à nouveau enfin heureuse.

I have tried but I don’t fit Into this box I’m living with
Well I could go wild But you might lock me up…
Damien Rice – The Box – 2014

Publicités

4 réflexions au sujet de « Cheers Darlin’ »

  1. ILGC

    Sache que tu n’es pas seule.
    La période des fêtes de fin d’années est la pire période quand on vit un deuil.
    A quoi bon alors que nos petits ne sont plus là ?
    On les passera comme on peut.
    Bises de soutien

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s