Essentiel et bagatelles

 

le petit prince

Le Petit Prince et sa rose

A défaut de vraies vacances ailleurs, nous avions décidé pour cet été de nous octroyer des vacances mentales. S’éloigner de ce désir d’enfant obsessionnel qui prend tout notre temps, nos pensées, notre énergie et notre argent afin de se re-concentrer sur l’essentiel.
Pourquoi voulions-nous un enfant ensemble au départ ?
Par amour bien sûr, car lorsque nous sommes tombées amoureuses, avoir des enfants ensemble était bien plus qu’une évidence. Comme n’importe quel autre couple désireux de fonder une famille. Mais voilà, rien ne s’est passé comme prévu et notre amour a fini par
en souffrir aussi jusqu’à parfois s’effacer, s’étioler et s’oublier dans toutes ces épreuves plus dures les unes que les autres. Notre dernier échec a été de nouveau très difficile à gérer
et une fois tombée au fond du trou noir de mes espoirs, je n’aspirai qu’à revenir à l’essentiel, aux origines, à ce bonheur initial.
Cet essentiel ardent, c’est ma femme et notre amour. Cet amour originel qui avait tout déclenché et qui avait fait de nous des mamans, les parents les plus heureux du monde
4 ans après nos premiers baisers, avant d’en devenir les plus malheureux le jour d’après.
Alors pendant tout ce temps-là, nous avons arrêté de parler progestérone, endomètre,
cycle et what now ? what’s next ?
Nous nous sommes focalisées sur nous, notre couple, notre amour pour aussi ré-apprendre à vivre une vie à deux alors qu’on s’était préparé pour celle à trois. Parce que si notre petit soleil reste notre seul enfant, que deviendra ce couple à l’amour enfoui sous tant de douleurs, à cette harmonie amoureuse rompue à coups de sanglots et de peurs ?
Serons-nous à jamais que des parents détruits et orphelins ?

Nous nous sommes donc soignées, pansées, lentement, doucement pour redécouvrir nos peaux douces sous les caresses tremblantes, les baisers timides de nos lèvres frémissantes et ce désir si fougueux qui nous avait fait traverser l’océan atlantique pour être ensemble. On s’est manqué tout ce temps-là. Après la mère de mon fils, j’ai redécouvert ma femme, ma gonzesse, qui me fait rougir, qui me fait rire, qui me fait l’aimer toujours plus. Le chemin est long et chaotique mais le processus est enclenché. Cette douce parenthèse nous a insufflée l’air et l’amour nécessaires quand nous suffoquions sous nos désillusions et malheurs. J’essaie de me réapproprier ma vie finalement. Je me divertis de nouveaux projets très différents, je fourmille d’idées quand mes mains trépignent de les réaliser mais….

…mais cet été ne pouvait être parfait jusqu’à la fin parce que ce n’est juste pas possible dans ma vie. Ma poisse légendaire ne saurait m’oublier. Patiente et sournoise, elle a attendu ce moment d’inattention et d’insouciance pour frapper à nouveau. En une seconde encore.
Me voici donc clouée à la maison avec attelle, béquilles, paracétamol et poches de glace comme entourage. J’ai ajouté un nouveau département à ma collection de visites d’Urgences et renoué avec mes amis pompiers. J’ai découvert que les ambulanciers sont super cools et très sympas et confirmé par la même occasion que le handicap rendait les taxis parisiens beaucoup plus prévenants.
Madame, vous avez un genou compliqué m’a dit le médecin après l’IRM. Oui et l’autre n’est pas mieux. Ok mais qui va gagner entre le droit et le gauche ? 3 opérations à 3, la rotule droite va t-elle finir de lâcher ? Le cartilage gauche va t-il enfin céder ?
Votre genou est très incohérent car cette pathologie-là ne se rencontre que chez les jeunes filles de 15-16 ans…pas après normalement. L’ado attardée démasquée par ses genoux !

Quel bilan tirer alors de cet été ?

Le temps a été exagérément pourri MAIS il nous a permis de rester blotties l’une contre l’autre, excessivement amoureuses et de raviver cette flamme en berne depuis trop longtemps.
Mon genou a lâché une fois de plus et me contraint à l’immobilité plusieurs semaines MAIS j’étais au bout du rouleau physiquement et ce repos forcé va me faire le plus grand bien.
J’ai repris un tant soit peu le contrôle de ma vie MAIS la poisse s’est rappelée à mon bon souvenir, t’emballe pas hein…Non, t’inquiète, il n’y a pas de risque que je m’emballe.
Plus de risque. Jamais.

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4 réflexions au sujet de « Essentiel et bagatelles »

  1. typhaine

    Tout juste après avoir répondu à ton commentaire, je lis ce texte et j’espère, en voyant ton/votre état d’esprit que mon commentaire ne te paraîtra pas déplacé.
    Quoi qu’il en soit, je vous souhaite plein d’amour et de calme, et un long break de poisse. xx

    Répondre

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