De l’infortune des gueux

alice

Alice Dreams in Brighton

Des mois d’espoir et de motivation réduits à néant en 5 minutes top chrono.
Des mois de préparation et 1/3 de nos dernières économies jetés à la poubelle en même temps que le reste. Des mois à remonter patiemment la pente après le dernier échec de la dernière IAD pour retomber inéluctablement par-terre après le premier échec de ce nouveau protocole.
Voilà, maintenant il faut se relever. Encore…et toujours. Je suis lasse. Oui, je suis lasse de ne pas être heureuse. Comme le dit Angediles, quand est-ce que ça va finir tout ça ?
Rien n’est arrivé de pire depuis la mort de notre petit garçon mais rien de bon non plus au final. Le seul petit bonheur éphémère abordé nous a fait retomber encore plus bas, une fois la fausse couche avérée. Note à moi-même : se méfier AUSSI de l’espoir ET du bonheur, même effleuré. Mais on s’était relevé, une fois de plus. Et de tous les autres échecs d’après. D’autres fois de plus.
Alors demain on se relèvera sans doute mais je suis blasée de tant d’échecs et de gifles, estropiée de tant de coups et de blessures. Le pire est que je n’en suis même plus étonnée. Comme si c’était rentré dans ma nouvelle logique des choses.
Je suis poissarde depuis mon premier cri que j’avais déjà mis 3 minutes à pousser, après avoir été réanimée. J’ai ma carte de fidélité dans tous les hôpitaux de Paris et sa banlieue mais ma poisse n’est pas sélective, elle s’exerce dans tous les domaines, du plus futile au plus essentiel. Une ligne directrice cependant, plus le pourcentage des risques annoncé est minime, plus je serai dedans. C’est une constante, aucune surprise pour le coup. (dans la gueule, au passage). Évidemment cette logique ne fonctionne pas à l’inverse, on oublie donc le Loto ou l’Euromillions, ce serait beaucoup trop facile.
Alors ça fait plus de 40 ans que j’attends que le vent tourne. J’avais bien pensé que c’était enfin arrivé avec notre petit soleil, hélas, ma poisse est fourbe, sournoise et terriblement cruelle.
Je me suis longtemps énervée, battue et révoltée contre cette putain de poisse, aujourd’hui je me sens désabusée, je ne sourcille même plus, je me suis peut-être habituée.
Ce n’est pas que je baisse les bras mais voilà, ma poisse je finis par l’accepter, elle fait apparemment partie de ce que je suis.
Ça me prend trop d’énergie de la combattre. Je finis par comprendre, c’est comme ça. (phrase maudite !) Juste la faute de personne, juste comme ça, pour rien mais pas pour de rire.
Je te hais ma poisse, douloureusement, silencieusement, fatalement et si profondément.

 

 

 

 

 

 

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4 réflexions au sujet de « De l’infortune des gueux »

  1. Katialine

    Je suis désolée pour vous… Courage courage… C’est trop dur ce que vous vivez alors…
    J’ai une question peut être bête mais… pourquoi ne pas faire une insémination non médicalisée (à l’ancienne quoi…) avec un donneur de votre entourage ?

    Répondre
    1. mamanfwoggie Auteur de l’article

      Merci Katialine, pour répondre à ta question, on est déjà passé par les IA sans succès et un protocole médical est de toutes façons maintenant nécessaire. Et puis honnêtement avec ma chance, je ne vais pas chercher à me créer d’autres problèmes potentiels…

      Répondre

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