Santa Muerte- Reine des damnés

La mort est tellement tabou dans notre occident où l’on passe son temps à essayer par tous les moyens de rester éternel. C’est ça la société de consommation, ne pas se contenter de ce que l’on a mais de vouloir toujours plus et encore plus. La course à la bêtise.
Alors pourquoi se contenter de notre éphémérité quand on pourrait vivre plus, encore plus, toujours plus jusqu’à l’arrogance.
Rester jeune, rajeunir, effacer les marques du temps, s’injecter de merdes, de poisons mais tant pis, faire tout pour éloigner cette mort qui nous effraie.
La mort n’a pas de place dans nos sociétés occidentalisées, elle ne fait plus partie de notre
quotidien, de notre vie, de ce que nous sommes.
Elle est paradoxalement omniprésente mais elle n’est présentée que dans des écrins
acceptables de l’information factuelle, associée à un événement médical ou encore représentée
en divertissement zombiesque par exemple.
Mettre une distance entre elle et nous. Surtout que ça ne nous touche pas. Surtout ne pas
savoir, ne pas se rendre compte. Comme des millions d’autruches-moutons.
Dans d’autres cultures, la mort est intimement liée à la vie du fait de croyances plus fortes, de traditions plus tenaces, de cultures plus sages ou d’environnements particuliers climatiques ou politiques. Elle est devenue partie intégrante de leur condition et la mort d’un enfant ne fait pas exception.
Ici, la mort d’un enfant et a fortiori d’un bébé est le plus tabou de tous les plus grands tabous.
Elle est déjà censée ne pas exister dans notre monde surmédicalisé, a contrario des pays
« défavorisés ».
Elle est la mort que l’on n’attend pas car la naissance est célébrée et fantasmée en avance dans nos cultures, parce qu’elle est déjà acquise.
Ici, la mort d’un enfant c’est alors l’innommable alors voilà, pas de mot pas d’existence.
On n’en parle pas et ça n’existe pas.
Le problème c’est que notre monde n’est pas magique.
Tant que ma vie rentrait plus ou moins dans les cases, ça allait. J’étais en couple, rangée pacsée et on attendait notre premier enfant, tout rentrait dans la logique mais dès que ça a déraillé, c’est notre place dans la société qui a dérapé en même temps. Le tabou a resurgi dans
l’inconscience des autres et bizarrement, tous ceux qui sont restés près de nous, tout près, ont à
un moment donné de leur vie côtoyé la mort de près, tout près.
Pour certains autres, on représente certainement l’indicible, celui qui fait peur dont il faut
s’éloigner comme pour fuir le mauvais œil, la mort, le tabou que l’on tait.
Alors voilà, maintenant la mort fait partie de moi, de chacun de mes pores, de mes synapses et de mes cellules sanguines. Même si je le percevais avant, je sais maintenant pour sûr que rien ni personne n’est acquis et que toute notre vie peut basculer en une seconde seulement.
Les autres font juste semblant que tout ira toujours bien ou que ça tombera sur le voisin.

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