Ad Vitam Aeternam

Le Jardin des Tarots-Niki de Saint Phalle

La fleur de mon cœur

6 mois déjà et parfois je me dis que je ne verrai jamais le bout du tunnel et je ne cesserai jamais d’avoir mal. Comment ne pas y penser avec douleur chaque jour ?
Je pense souvent à ces mamans avec qui nous partagions ces rêves à venir et qui ont eu la chance de les conserver, ces rêves. Elles les vivent maintenant au quotidien, ils sont devenus réels. Les miens se sont mués en fantasmes face au néant. La possible perspective d’un rainbow
baby
n’apaise en rien le passé, c’est un autre combat, une autre histoire.
Être en présence d’un bébé qui aurait son âge est encore insoutenable, comme un poignard en plein cœur qui me déchirerait jusqu’aux tripes. Une douleur effroyable qui saisit tout le corps et le cerveau.
Quel bébé aurait-il été ? Aurait-il sucé son pouce ? Quelles relations aurait-il eu avec Tcha-Tcha et Mic-Mic ? Quand aurait-il fait son premier sourire ? Aurait-il eu le même que Honey ?
Autant de questions qui se poseront éternellement et qui n’auront pour réponses que mon
imaginaire. Je n’ai pas pu conserver mes rêves, je n’ai pu ramener à la maison qu’une réalité vide et froide. Je ne le verrai jamais grandir, je ne le verrai jamais évoluer alors dès que je croise
un enfant ou un adulte qui pourrait correspondre à l’image que j’en ai, c’est un foisonnement
d’interrogations et d’images qui se déclenche.
Avec quels jouets aurait-il préféré jouer ? Quel premier mot aurait-il prononcé ? En anglais ou en français ? Contre quelle injustice se serait-il rebellé ? Aurait-il été littéraire ou plutôt
scientifique ? A quel âge aurait-il marché ? Quelle aurait été sa personnalité ? Quelle musique aurait-il aimé ?
Je n’ai entrevu son petit caractère que quelques heures.
J’ai senti un bébé si doux et si tendre quand il venait lover son petit corps dans mes bras,
cherchant la chaleur de mon cou. J’ai vu un bébé fort et courageux quand il essayait de ne pas
pleurer alors que la maladie l’affaiblissait déjà.
Je suis tellement fière de lui, mon petit bonhomme à moi.
Chaque jour, je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’il aurait découvert aujourd’hui ou quel nouveau geste il aurait fait. Ça fait tellement mal que je ne vois vraiment pas comment ça
pourrait s’arrêter.
Dans 15 ans, je me demanderai alors quel genre d’ado il serait devenu et dans 25 ans, quel genre d’adulte. Et sur mon lit de mort alors je sourirai.
Ad Vitam Aeternam.

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