Ma tête, mon corps

graffiti_dali_granada

Graffiti Daliesque, Granada, Espagne.

Je pleure beaucoup moins maintenant, en tout cas plus tous les jours toute la journée.
Dorénavant, il semblerait que ce soit mon corps le siège de ma souffrance.
Ça a commencé en mars.
En me réveillant le matin du 6, je ne pouvais plus marcher, une douleur au genou que je n’avais jamais connue avant et pourtant je connais mes douleurs par cœur après 6 opérations aux deux genoux. Anti-inflammatoires et antalgiques ne faisaient rien et je n’ai pu remarcher que 3 jours plus tard quand la douleur s’est enfin atténuée.
En avril, c’est le 5 au soir que j’ai découvert des plaques rouges qui me démangeaient sur tout le thorax. Je me suis dit que c’était peut-être dû à une allergie quelconque sans vraiment en être persuadée puisque rien n’avait changé dans mes habitudes et que je n’avais jamais eu de
terrain allergique. Ça a duré 4 semaines…sans pouvoir rien y faire sauf éviter de se gratter. (Sans moufles s’il vous plaît !)
Ce mois-ci, c’est arrivé un peu plus tard mais toujours à une date symbolique pour moi, le 13, jour des funérailles de mon petit prince.
Une crise de lombalgie aiguë comme je n’en avais jamais eue. Jusqu’à en être quasiment
paralysée toute la journée. Aucun médicament ne faisait effet et le moindre mouvement me coupait le souffle dans une douleur insoutenable.
A bout de solutions pour me soulager, Honey m’a proposé de faire du yoga pour étirer les muscles et essayer de me détendre. Après plusieurs positions, j’ai terminé par m’allonger sur le dos le long d’un bolster de yoga (sorte de traversin court et dur) placé sous la colonne vertébrale pour tenter de relaxer la tension incroyable des muscles dorsaux.
La pression exercée par le bolster sur mes lombaires se trouvait exactement au point nerveux de ma douleur. Dès que j’ai commencé à me relâcher et à éprouver cette pression intense,
j’ai dans le même temps senti des larmes qui montaient en puissance comme le lâcher d’un
barrage, sans que je puisse les contrôler. J’ai éclaté en sanglots comme une aiguille percerait un ballon rempli d’eau ou comme un geyser de larmes qui en se déversant me soulageait
également de ma douleur. L’effet a été immédiat et quand je me suis relevée après quelques
minutes, le point central de ma douleur s’était grandement atténué et j’étais épuisée aussi bien nerveusement que physiquement.
J’ai mis longtemps à percevoir cette corrélation entre la douleur physique et la douleur mentale, non pas que je ne sache pas le lien indéniable qu’il peut s’y construire mais parce que les 3
premiers mois après le départ de notre petit soleil, je n’étais qu’une plaie béante tant
physiquement que psychologiquement. Ce n’est que lorsque cela s’est apaisé que mon corps semble avoir pris le relais.
Au début, je me suis dit que mes douleurs de genou étaient liées à l’humidité et au froid, mes meilleurs ennemis (oui, je sais, Paris est donc l’endroit idéal pour moi!).
Mais quand les plaques rouges sont apparues, cela m’a quand même intrigué car autant je suis habituée aux douleurs de genoux depuis 20 ans, autant je n’ai jamais rien eu
dermatologiquement. J’attendais donc mai pour infirmer ou confirmer ce que je pressentais. Quand début mai est passé sans douleurs et sans aucun symptômes, je me suis alors dit que ce ne devait être que des coïncidences finalement. C’est donc en toute surprise que je me suis
réveillée le 13 au matin, coincée dans mon lit par des douleurs paralytiques. Ma théorie
resurgissait et l’expérience troublante du yoga de la soirée n’a fait que la consolider.
Depuis, l’état de mon dos s’est largement amélioré et j’attends donc fatalement les 15 premières jours de juin pour vérifier la viabilité de mon hypothèse.
Mon cerveau a frénétiquement cherché des réponses et des raisons à ce qui était arrivé à mon petit soleil, en vain. Depuis, il ne cesse de chercher des explications à tout comme si je
compensais ce manque de réponses en en cherchant partout.
J’ai besoin de comprendre….comme une quête absolue.
Tant que je ne comprends pas, je ne sais pas.
Tant que je ne sais pas, je ne peux pas l’assimiler.
Tant que je ne peux pas l’assimiler, je ne peux pas évoluer.
C’est grave docteur ?

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