Fresh lilaced moorland fields – 2/2

On a passé les jours suivants à se battre contre le vent sur le Seafront, à se perdre dans le
labyrinthe des Lanes, à discuter avec des écureuils dans les jardins du Pavillon Royal et à
découvrir du street art au détour de chaque rue. Enchanteur malgré le froid polaire.
Puis j’ai fait la connaissance des amis de Honey qui avaient pris soin d’elle depuis son arrivée. Nous nous sommes retrouvés dans un restaurant végétarien thaï de Dyke Road (littéralement la rue des goudous!), j’ai pensé, how appropriate !
En relevant ma capuche et mon bonnet-casquette tout juste acheté, j’ai vu arriver au loin le grand Legolas et la petite Arwen, la personnification de tout ce que l’Angleterre représente pour moi et que je viens de décrire un peu plus haut.
Nous sommes rentrés dans le restaurant, 5 minutes après je pleurais comme une madeleine devant ces inconnus. Ils nous avaient tendu une enveloppe dans laquelle Arwen, la fée
couturière-designer avait brodé un patch magnifique pour notre petit soleil. Legolas, le poète dans les nuages avait écrit de magnifiques mots pour nous et notre petite étoile. Il y avait aussi un trésor pour nous aider à entrevoir un peu plus de lumière.
J’ai alors réalisé que j’avais deux anges tombés du ciel en face de moi. On a passé beaucoup de temps ensemble les jours d’après, à rire, à refaire le monde et à philosopher sur les relations humaines. Leur gentillesse et leurs attentions m’ont touchée en plein cœur en plus de leur
personnalité aussi intéressante qu’attachante. Des gens somme toute normaux et pourtant
incroyables. Une rencontre extraordinaire au pays des fantômes, des magiciens, des fées et des elfes.

Le voyage à Brighton n’a pas été anodin. Pendant ces quelques jours, nous avons expérimenté beaucoup d’émotions, toutes très fortes. Nous avons été confronté à beaucoup de choses, de situations que nous évitions depuis des mois. Avec toujours les mêmes récurrences, je devrais être à Brighton avec lui, il devrait être là collé à moi, au chaud, dans mon écharpe de portage, son english
tata et tonton devraient jouer avec lui.
La vie aurait dû simplement être différente de ce qu’elle est. Chaque petit garçon croisé me fait penser à ce qu’il aurait pu devenir. C’est très éprouvant.
Le matin de notre départ, j’ai fait une crise de panique. C’était la première fois de ma vie.
Je n’ai pas bien dormi et me suis réveillée aux aurores prisonnière de la chambre d’hôtel, alors j’ai commencé à angoisser sur le voyage du retour, la peur de louper trains et ferry…c’est allé crescendo pendant deux heures jusqu’au moment où j’ai dû me lever car je commençais à
trembler et à suffoquer. Il fallait que je sorte de la chambre à tout prix et vite.
4 couches de vêtements plus tard, j’étais dans la rue déserte, faisant des exercices de
respiration en même temps que fumer une cigarette. J’ai fait le tour du pâté de maisons, j’ai
fumé une autre cigarette, j’ai essuyé mes larmes. En rentrant à l’hôtel, j’ai pris un anti-anxiété.
Le retard du taxi commandé m’a redonné un coup de flip. Arrivée au port, je me suis délectée
d’autres cigarettes. Les 4h de traversée m’ont un peu apaisée. Un autre retard de taxi à Dieppe m’a refait trembler. Ils devaient sentir que je ne les aime pas.
Le retour sur Paris nous a confrontées à l’impolitesse et à la mauvaise humeur traditionnelle des français croisés dans les différents trains et gares aux heures de pointe. Hélas.
Avant de rejoindre notre métro dans les entrailles de Saint-Lazare, je me suis arrêtée quelques minutes dans un recoin de la plate-forme des correspondances pour reprendre mon souffle, j’étais comme ivre de foule et mon anxiété commençait à se doubler d’irritabilité. Le spectacle auquel j’ai alors assisté m’a presque donné le vertige. Des escalators qui se croisent dans tous les sens et des milliers de gens qui courent, se bousculent, se poussent, râlent sans prêter
attention une seule seconde à l’autre. Dès que l’on prend du recul et qu’on adopte une autre
perspective, c’est juste délirant. Une mêlée de rugby géante. Un enfer.
C’est les dents serrées et le souffle court que nous sommes rentrées dans notre havre de paix et que nous avons retrouvé la douceur de nos chats.
Quelques minutes après, mon squelette cessait de trembler, ma respiration devenait régulière et ma mâchoire se détendait enfin. J’étais en sécurité et je fantasmais sur la téléportation.
J’ai savouré le voyage aller, adoré Brighton et détesté le retour.
Serait-ce donc Paris le problème?

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