« Ce bourreau sans merci »

graffiti brighton

Ma douleur, donne-moi la main…

Oui, personne ne peut comprendre, personne à part les personnes l’ayant déjà vécu.
C’est certain.
La douleur est si fulgurante, lancinante et consumante que rien ne peut la décrire.
Ce vide absolu et étourdissant est désormais quotidien.
Rien n’a de sens. Rien du tout. Plus rien. Vraiment rien.
Le temps n’est plus. Les notions de nuit et journée s’effacent. L’extérieur n’existe plus. Le corps est un légume tandis que le cerveau est en constante surchauffe. Se retrouver allongée dans un lit pour tenter de dormir est soit une lente descente vers un désespoir abyssal soit un enfer de flammes et de démons nocturnes.
Quelquefois, la réalité-même cesse d’exister. Parfois, je n’y croyais simplement pas, c’était si inconcevable que cela n’avait même jamais existé et je pensais être un an auparavant bien avant que mon fils ne soit conçu. Ça me le fait encore parfois, où il faut vraiment que je me persuade que oui, c’est arrivé, ça lui est arrivé, ça nous est arrivé.

Puis, la batterie de survie incluse dans notre corps se met en marche doucement (à part ça, je n’ai pas d’autres explications). On commence à faire de petites choses, on se fixe des objectifs quotidiens. Aujourd’hui, je fais une machine à laver. Aujourd’hui, j’écris 1 email. Aujourd’hui, je passe l’aspirateur. Aujourd’hui, je mange au moins une fois. Aujourd’hui, je me douche.
Un jour passe après l’autre. Une semaine passe après l’autre. Un mois passe après l’autre.
Le temps n’adoucit rien, ou alors pas encore…beaucoup disent que même sur son lit de mort, ça fait toujours aussi mal.
La douleur est sournoise, elle peut se tapir pendant quelques jours puis resurgir plus violente qu’avant, plus dévastatrice pour s’apaiser et frapper à nouveau plus tard. Comme en dents de scie, comme des montagnes russes.
N’importe quoi peut en être le déclencheur n’importe quand.
Ce qui paraît anodin pour les autres est un enfer pour nous.
On ne peut ni l’effacer ni l’oublier, jamais. On peut juste tenter d’apprendre à vivre avec.
Alors voilà, on essaye de faire ça.

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2 réflexions au sujet de « « Ce bourreau sans merci » »

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